La chasse au piège


Il existe toutes sortes de techniques de chasse. Nous allons vous présenter ici la technique du piège, telle que nous l'a enseignée Eder du village d'Otala (le village de Sosthène).

C'est donc ainsi que procèdent les Ombombas (ethnie du nord du Haut-Ogooué). Mais notre petit tour de janvier dans les forêts du Gabon nous a fait comprendre que cette technique est largement utilisée dans le reste du Gabon.

Description du piège

Le choix de l'emplacement

Evidemment, il faut commencer par trouver une piste de gibier. Quand on est un bon chasseur, on sait tout de suite en regardant les traces si c'est une piste de potamochère, d'antilope ou d'éléphant. Si c'est une trace d'antilope, on peut utiliser un petit piège. Pour un pota, le piège sera plus gros. Si les traces sont celles d'un éléphant, on se sauve !

Le choix du bois

Le choix du bois est très important. Chaque espèce d'arbre a son utilité. Sur cette photo, Eder tient un bois tendre qui doit céder sous la patte de l'animal. Pour attraper le gibier, il devra aussi trouver une branche souple et solide qui retiendra l'animal pris au piège.

La préparation du trou

Quand le chasseur a réuni tous ses bouts de bois et a trouvé le bon emplacement, il commence à creuser un petit trou. Eviter si possible de jeter toute la terre creusée juste à côté du piège. Les animaux ne sont pas très malins, mais quand même !

Couverture du trou

Afin que le gibier puisse profiter pleinement de la surprise de la découverte d'un piège, il est essentiel que ce piège ne se voie pas. On va donc le recouvrir de petits bouts de bois. Il s'agit du bois qui doit craquer sous la patte du gibier. On le place sur une branche très fine.

Le piège

Pour l'instant, le gibier n'a pas encore trop de souci à se faire. S'il met la patte sur le piège, il la ressort et passe son chemin. C'est là qu'intervient la longue branche solide et souple de tout à l'heure. On plante solidement une de ses extrémités à environ 1m - 1.50m du trou. Puis on la plie et on approche l'autre extrémité du trou. A ce moment, on fait attention à ne pas tout lâcher, sinon, ça peut faire mal.

La mise en place du piège

Commence alors un travail de précision. Le but du jeu est de fixer une boucle en fer sur la branche pliée et de coincer tout celà suffisamment pour que ça tienne. On plante donc une petite tige dans le sol, un peu inclinée. Sur la boucle, on accroche une autre petite tige qu'on vient passer sous la tige dans le sol. Là, il n'y a plus qu'à déposer délicatement la boucle sur le trou.

Le camouflage

On finit par un peu d'art : on recouvre le piège avec des jolies feuilles pour que ça ait l'air naturel. En théorie, le mécanisme est alors le suivant. Un animal va se promener sur sa piste habituelle. Il va mettre la patte dans le trou. En faisant craquer les branches, il va relâcher la branche qui va serrer la boucle métallique autour de sa patte. Plus moyen de s'enfuir.

Dernières recommandations

D'abord, quand on pose un piège, la moindre des choses à faire, c'est de vérifier de temps en temps si on a pris quelque chose. Il parait que beaucoup d'animaux meurent dans ces pièges sans même que le chasseur ne s'en rende compte. La deuxième chose, c'est de faire attention quand on se ballade en forêt. Maintenant, si vous vous balladez dans une forêt du Gabon et que vous voyez une branche pliée bizarrement, vous savez ce que c'est, faites attention à ne pas vous rammasser la branche sur le nez.

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