La plantation


Il s'agit en fait d'essartage, c'est à dire de culture sur brûlis en forêt. Ici on appelle ça un peu moins scientifiquement la plantation en brousse!
Des morceaux de forêt sont défrichés par les hommes de la famille et la parcelle est "nettoyée" en y mettant le feu.

La plantation

Le temps de rotation sur chaque parcelle dépend de la fertilité de la terre (relativement pauvre) et ne dépasse pas trois ans.
Le reste du travail, planter, entretenir, cultiver et transporter les légumes est le travail de la femme et je peux vous dire que c'est un travail énorme!
A Franceville les mamans sont obligées d'aller très loin pour avoir un morceau de brousse, de 10 et 30 km et se font emmener par des taxi-brousse non officiels appelés ici les clandos. De la route à leur parcelle tout se fait à pied sur des petits layons.


Je vais vous parler plus spécialement des plantations d'Albertine :

Albertine a eu par son mariage des plantations à 18 km de Franceville. De la route à sa plantation il reste 20 min de marche en forêt. Elle a environ 3 hectares de forêt, 1/2 hectare en plantation, ouverte en septembre 2004, une en culture ouverte l'an dernier (2003) et une plus ancienne sur laquelle elle ramasse les régimes de bananes. Le reste est en jachère et envahi par des parasoliers (des arbres qui poussent vite au soleil). Elle y passe tous ses week-ends, surtout en fin d'année, grande saison des pluies idéale pour planter. Elle entretient également les plantations de manioc qu'elle partage avec sa mère et ses soeurs. Le manioc c'est un peu compliqué et mérite une page qui lui est spécialement consacrée.

Qu'est-ce qu'on y plante ?

Le but est d'occuper toute la parcelle en répartissant au mieux les boutures et les graines.

Des boutures de bananiers, espacées de deux mètres environ.
Le maïs semé par poquet de trois graines.
L'oseille semée par poquet de cinq graines.
L'aubergine locale, la plus agréable à planter : il suffit de mâchouiller une aubergine qui a trop rougi (on les mange vertes) et de la lancer.
L'igname : à chaque igname prélevé dans la parcelle de récolte on sépare une petite partie qu'on bouture dans la nouvelle parcelle. Certains tubercules d'igname de la parcelle de récolte sont entièrement découpés (en 6 environ) et bouturés dans la nouvelle parcelle.
Des épinards locaux, qui sont une liane qui pousse sur les souches restantes de la plantation, bouturés également à partir des lianes des années précédentes.
Le taro, tubercule bouturé également.
Le légume qui est en fait une feuille.
L'ananas aussi se bouture au moment de sa récolte (de décembre à janvier pour les meilleurs!).

J'oublie sans doute encore des plantes, mais je pense que cela dépend beaucoup de la semeuse!

Qu'est-ce qu'on ramasse ?

Ben ce qui est mûr ! On tourne sur les trois parcelles, la plus ancienne pour vérifier s'il y a un régime de bananes. Sur la parcelle de récolte on ramasse tout ce qui est à maturité. Et en chemin on en profite pour ramasser l'oseille indigène ou encore l'ail indigène qui n'ont rien à voir avec ce que vous connaissez  : ce sont des feuilles dont le goût est très proche des aliments dont elles portent le nom.

Tout se traîne dans des paniers sur le dos ou attaché sur le dessus de la tête et les mamans peuvent traîner des charges de plus de 50 kg.

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