Il s'agit en fait d'essartage,
c'est à dire de culture sur brûlis en
forêt. Ici on appelle ça un peu moins
scientifiquement la plantation en brousse!
Des morceaux de forêt sont défrichés
par les hommes de la famille et la parcelle est "nettoyée"
en y mettant le feu.
Le temps de rotation sur chaque
parcelle dépend de la fertilité de la terre
(relativement pauvre) et ne dépasse pas trois ans.
Le reste du travail, planter, entretenir, cultiver et transporter les
légumes est le travail de la femme et je peux vous dire que
c'est un travail énorme!
A Franceville les
mamans
sont obligées d'aller très loin pour avoir un
morceau de brousse, de 10 et 30 km et se font emmener par des
taxi-brousse non officiels appelés ici les clandos. De la
route à leur parcelle tout se fait à pied sur des
petits layons.
Je vais vous parler plus spécialement des plantations d'Albertine :
Le but est d'occuper toute la parcelle en répartissant au mieux les boutures et les graines.
Des boutures de bananiers,
espacées de deux mètres environ.
Le maïs semé par poquet de trois graines.
L'oseille semée par poquet de cinq graines.
L'aubergine locale, la plus agréable à planter :
il suffit de mâchouiller une aubergine qui a trop rougi (on
les mange vertes) et de la lancer.
L'igname : à chaque igname prélevé
dans la parcelle de récolte on sépare une petite
partie qu'on bouture dans la nouvelle parcelle. Certains tubercules
d'igname de la parcelle de récolte sont
entièrement découpés (en 6 environ) et
bouturés dans la nouvelle parcelle.
Des épinards locaux, qui sont une liane qui pousse sur les
souches restantes de la plantation, bouturés
également à partir des lianes des
années précédentes.
Le taro, tubercule bouturé également.
Le légume qui est en fait une feuille.
L'ananas aussi se bouture au moment de sa récolte (de
décembre à janvier pour les meilleurs!).
J'oublie sans doute encore des plantes, mais je pense que cela dépend beaucoup de la semeuse!
Qu'est-ce qu'on ramasse ?
Ben ce qui est mûr ! On tourne sur les trois parcelles, la plus ancienne pour vérifier s'il y a un régime de bananes. Sur la parcelle de récolte on ramasse tout ce qui est à maturité. Et en chemin on en profite pour ramasser l'oseille indigène ou encore l'ail indigène qui n'ont rien à voir avec ce que vous connaissez : ce sont des feuilles dont le goût est très proche des aliments dont elles portent le nom.
Tout se traîne dans des paniers sur le dos ou attaché sur le dessus de la tête et les mamans peuvent traîner des charges de plus de 50 kg.