Le Moyen Ogooué

La première fois, nous n'avions fait qu'y passer une nuit lors de notre tour du Gabon des okoumés. Nous avions tout juste eu le temps de visiter l'hôpital Schweitzer, et de décider que pour nous, c'était la plus belle ville du Gabon ! Du coup, nous sommes revenus y chercher des okoumés, histoire de confirmer. 


Février 2006 : Lambaréné et ses lacs (récit de Colin)

17 février 2006

Nous prenons l'avion le matin avec Marie-Hélène, la chef en France de Céline, qui nous accompagne pour cette mission. Nous voyageons avec Air Gabon, le spécialiste du retard et du regret, mais pour la première fois peut-être, le vol part à l'heure ! Du coup, nous voyageons bien installés, en seulement 50 minutes ! Parfait, quoi !

Il est déjà midi, nous mangeons à l'hôtel Tropicana, au bord de la mer. Puis rapide mission à Forinfo, avant de retrouver le neveu de Marie-Hélène. C'est déjà fort de retrouver quelqu'un de la famille de la chef de Céline au Gabon, mais c'est encore plus rigolo de savoir qu'il dirige (à seulement 25 ans) le meilleur hôtel de Lambaréné ! Et comme son responsable des courses est en congé, c'est lui qui est de passage à LBV pour ravitailler son hôtel. Nous rencontrons sa copine, géographe... qui travaille pour le compte du CIRMF ! Oui, le Gabon est un petit village. Nous partons pour Lambaréné, avec le super 4x4 du neveu. On est quand même bien chargés, avec 4 personnes et toute les courses pour la semaine de l'hôtel !

On arrive assez tard à l'hôtel, où le patron propose gentiment de nous faire une réduction si on veut y dormir. Nous resterons donc pour ces quelques jours à l'Ogooué PALACE ! (Je l'écris en grand, parce que c'est pas tous les jours qu'on se paye un palace, quand même).  Tout est déjà fermé, mais les cuistos nous ont gardé un plat de rouge au chaud. On se régale avant d'aller nous coucher, Marie-Hélène dans la maison de son neveu, nous dans une chambre du palace.

18 février

Nous commençons par une petite visite de la ville. On débute par l'hôpital Schweitzer, évidemment, qui n'a rien de plus ni de moins depuis la dernière fois. C'est un hôpital, quoi. Avec une vieille bicoque datant de la création (de l'établissement) qui sert de musée. Puis nous partons manger au quartier Isaac, le quartier populaire. Nous apprenons que Lambaréné, entourée de lacs, est la ville du Gabon où il y a le plus de paludisme. Céline décide donc de jouer la touriste jusqu'au bout et de faire un essai. Ce sera donc palu à Lambaréné pour elle ! Chouette, elle aime tellement ça ! Elle utilise un test rapide qu'elle avait amené pour confirmer le verdict. Négatif, mais les symptomes ne trompent pas. Elle commence son traitement tout de suite. 

On commence aussi à négocier une pirogue avec un Fang du coin : l'Italien. Les prix ne sont pas donnés, mais c'est les financiers de Céline qui payent, et puis de toutes façons, nous n'avons pas le choix. C'est ça ou on repart sans okoumés. Nous finissons par nous entendre sur un prix et nous fixons le premier rendez-vous pour l'après midi même.

Pour ce premier après-midi, nous devons aller au lac Déguélié. C'est un petit lac proche de Lambaréné, qui nous permettra d'évaluer les potentialités de la zone, la vitesse d'échantillonnage, la vitesse de progression... et les qualités de notre guide ! Je suis seul avec Marie-Hélène, Céline profite des bienfaits de sa chambre au Palace, de sa clim' et de sa télé satellite (3 chaines !).

C'est impressionnant de voir ce nouveau monde : après les forêts un peu partout, les savanes des plateaux Batéké, voici le Gabon lacustre. Tout le monde vit sur l'eau. Il doit y avoir plus de bateaux dans le coin que de voitures. De toutes façons, la majorité des villages de la région ne sont accessibles que par pirogue. Nous nous rendons compte que nous sommes bien chanceux. Nous avons une grande pirogue pour 3 personnes, avec un bon moteur. Les Makayas (c'est-à-dire les "gens normaux", ceux qui sont pas spécialement riches) font soit des déplacements sur des pirogues organisées comme des bus, avec 60 places, soit dans des pirogues creusées à même les okoumés, et mues soit par un petit moteur (15 à 25 chevaux maximum), soit le plupart du temps par la force des bras. Les gens se connaissent tous, et surtout, sont impressionnants dans leur capacité à trouver un chemin dans le dédale des ruisseaux, rivières, fleuves et lacs de la zone.

Nous arrivons rapidement au lac Déguélié. L'Italien est vraiment un bon guide. Il sait préparer son bateau, connait bien sa route. Il est super amical et surtout, pour la mission, il connait tous les villageois et sait demander au bon chef où chercher une bonne zone à okoumés. Après un petit passage par un village (c'est-à-dire un ilôt avec deux maisons pour 3 personnes et 2 chiens), nous débarquons à un site de débardage. Eh oui ! Ici, c'est comme il y a 100 ans ! Le chemin de fer a beau avoir facilité les choses pour les forestiers, les villageois du Moyen-Ogooué ont continué l'exploitation forestière dans les zones jugées inexploitables par les grandes compagnies. Ici, les villageois coupent les arbres, puis louent des engins pour quelques jours, le temps de rassembler toutes les billes d'okoumés au bord du fleuve. Les engins repartent comme ils sont venus (sur des barges appelées "plaques"). Il est alors possible de mettre les billes à l'eau, par groupes de 20-30. Le tout est solidement accroché ensemble, puis récupéré par des petits bateaux envoyés ici par les grandes compagnies forestières de Port-Gentil. Parce que oui, l'okoumé est un bois très léger, et il flotte. C'est comme ça qu'il fait son grand voyage de la forêt à la rivière, de la rivière à l'océan, de l'océan à Port-Gentil, puis du Gabon à la France sous forme de contreplaqué. Les bois plus durs sont exploités aussi. Ils sont en général portés par les plaques, celles-là même qui transportent les engins forestiers. J'en reviens à mon site de débardage : c'est l'endroit où les troncs sont mis à l'eau.

Nous finissons notre échantillonnage un peu laborieusement (normal, c'est le premier, faut prendre le rythme !). Puis nous reprenons déjà le chemin de Lambaréné. Nous nous arrêtons en route pour un deuxième site et rentrons. Nous avons croisé très peu d'animaux. Pourtant, ce doit être intéressant de les observer, ils sont très différents de ceux qu'on retrouve ailleurs au Gabon. Nous verrons tout de même une tortue des lacs harponnée (sa carapace était molle !) dans un village, puis sur la route du retour, un bébé hippopotame mort, tout gonflé par l'eau, qui descendait le courant. Il parait que les mâles hippo n'aiment pas trop les petits qui peuvent devenir des rivaux et sont prompts à leur mettre un bon coup de dent bien placé.

Nous retrouvons Céline qui fait du yoyo avec sa température dans son lit. Ce soir, nous sommes rejoints par Alain, un étudiant stagiaire pour Christiane Attéké, une gabonaise collègue de Céline. Il était en formation à la Lopé et nous accompagnera pour la suite de la mission. Mais il ne tient pas à dormir dans le palace et se trouve une chambre dans une pension toute proche. Nous ne tardons pas trop à nous coucher. Demain, nous devons partir dès 6h30.

19 février

Aujourd'hui, nous devons faire la tournée des lacs du Nord. Céline ne va pas mieux, elle restera à l'hôtel, en espérant qu'elle sera assez solide pour nous rejoindre dès demain. Ce serait quand même trop bête de ne pas profiter du tout des lacs de Lambaréné alors que c'est sa mission ! De toutes façons, ça ne dépend pas de nous. Il faut attendre et voir demain.

L'Italien est bien moins à l'heure qu'hier. Nous l'attendons une bonne heure avant de partir enfin vers notre mission. Nous allons enchainer 3 lacs, reliés entre eux par des petites rivières labyrinthes. Nous commençons par Azingo, un très beau lac aux eaux très noires. Puis vient Nkouvié. Et nous finissons par le lac Ntchonié, aux rives tortueuses : nulle part on n'a une vue complète du lac. Plus on avance, plus il continue. Le lac sans fins qu'on découvre au fur et à mesure. Du coup, c'est le plus beau.

Alain, pendant que nous récupérons des feuilles d'okoumés, travaille sur Sacoglottis. C'est le nom latin d'un arbre mieux connu sous le nom d'Okzouga. Lui ramasse des graines et de l'écorce. Chacun son truc ! Du moment que nous pouvons travailler ensemble sans s'embêter l'un l'autre ! Marie-Hélène, elle, commence à fatiguer un peu. Faut dire que ce n'est pas toujours facile de courir après les okoumés, sur des chemins qui sont, au mieux, des pistes d'éléphants.

Nous rentrons en milieu d'après midi, menacés par un ciel bien chargé, et bien décidés à n'en pas subir les foudres. Nous retrouvons Céline sous un ciel un peu plus clair. Elle aussi commence à aller mieux.

20 février

Au réveil, Céline décide qu'elle est guérie. Nous allons prendre notre petit déjeuner et elle confirme. Pas question de rester au lit un jour de plus ! Nous préparons notre matériel, attendons l'Italien puis partons vers les lacs du Sud. A commencer par le plus grand, le lac Onangué. Un lac immense que nous avons le plaisir de parcourir un peu. Nous retrouvons le même genre d'habitants débrouillards et très accueillants que nous avions croisés hier. Ici, tout le monde s'en sort. Avec la pèche, l'exploitation forestière ou le tourisme. Personne ne chôme et les gens ont l'air heureux. Pour chacun de nos sites d'échantillonnage, nous trouvons un villageois disposé à nous accompagner, pour nous aider à ramasser nos feuilles. Aucun ne nous demandera la charité comme l'auraient pourtant fait tant de gabonais. Il semble que les fangs des lacs soient une race fière ! Ca fait plaisir ! Tout le contraire de la première impression qu'ils nous avaient laissée l'an dernier.

Juste à côté du lac Onangué, nous voguons sur un petit lac assez célèbre pour sont hôtel et ses activités touristiques : le lac Evaro. Il parait que c'est là que nous avons le plus de chance de croiser des hippopotames. Malheureusement, ça ne doit pas être le bon jour. Mais nous prenons quand même un agréable pique-nique, dans le village de "Mon plaisir", où l'Italien insiste pour que revenions un jour construire notre maison !

Nous prenons déjà la rivière du retour. Nous sommes tous crevés : maladie pour certains, travail pour d'autres, soleil, pluie... Mais quel plaisir !

Ce soir nous mangeons au Palace, avec le neveu de Marie-Hélène et sa copine. Ils ont tous deux notre âge et nous pourrions être amenés à nous recroiser. Mais les discussions ne décollent pas. Nous ne sommes décidément pas du même monde. Le père de la copine est PDG d'un grand groupe français. Ils restent assez simples, mais ce pouvoir leur permet de faire ce qu'ils veulent, y compris des caprices, genre décider de réintroduire des gorillons dans une île sans rien connaître aux singes, ni aux îles, ni à la réintroduction. Ca nous fait un peu bizarre. Surtout moi qui me bats pour avoir de l'argent pour un projet pourtant bien plus modeste et entouré de gens bien plus sérieux !

21 février

Aujourd'hui, nous quittons Lambaréné. Nous n'avons pas vraiment le choix, en fait. La suite des opérations se passe à Port-Gentil où un avion nous attend le 23 pour rallier Gamba, notre prochaine étape. Nous pensions descendre l'Ogooué de Lambaréné à Port-Gentil, mais la navette ne se fait que le 23 dans la matinée. Donc nous raterions notre vol. Dernière solution ? Retourner à Franceville en taxi (3h, 25 000 FCFA). Là-bas, nous prendrons le bateau ou l'avion vers Port-Gentil. 

Nous prenons congé de nos hôte, Céline a la larme à l'oeil en quittant cette chambre où elle aura passé de si merveilleux moments...

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Tour du Gabon des okoumés : Lambaréné

25 janvier 2005

MISSION JOUR 7 : Mouila - Lambaréné

Le soir, nous arrivons à Lambaréné, capitale du Moyen Ogooué. Un  peu en avance. Ca nous permet d'aller visiter l'hôpital Albert Schweitzer. C'est un sacré bonhomme qui est venu fonder ici le premier hôpital du Gabon. En plus d'être docteur en théologie et en philosophie, puis prix Nobel de la Paix ! Et ce type venait d'Alsace. D'ailleurs, les conseils généraux et généreux du Haut-Rhin et du Bas-Rhin financent toujours encore cet établissement qui dispense de bons soins à un bas prix. Nos lecteurs alsaciens savent maintenant où partent leurs impôts ! Merci à eux !

Le soir, nous dormons au "Bon Samaritain", avec une très belle chambre climatisée, bien tranquille. Pour notre repas du soir, nous mangeons de bonnes braises près du rond-point. La ville est très belle. Sans doute la plus belle qu'on ait vue de notre périple. Etalée sur deux rives et sur une île, le long de l'Ogooué. Vraiment jolie. Mais des habitants insupportables. Les taxis se croient à Libreville avec leurs klaxons, les jeunes crânent, les adultes se la pètent. Le tout avec un air dédaigneux insupportable.

26 janvier

MISSION JOUR 8 : Lambaréné - Ntoum

Petit déjeuner à la pâtisserie de Lambaréné ! Croissants, Schneck, vrai café, le rêve !

Puis nous repartons, par la RN1 qui, de Lambaréné à Libreville, est recouverte d'enrobé !

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