
Nous y sommes passés une fois ensemble, lors du Tour du Gabon des okoumés. Nous avions alors pu voir Booué, son bac et les savanes de Kazamabika. Puis nous avions fait connaissance avec la route des Abeilles, alias la route économique du Gabon. Celle qui relie Libreville à Franceville, sans doute la pire route du pays.
Après ça, Céline y est repassée pour un échantillonnage vers Ovan et Makokou (la capitale). Quant à Colin, il est passé au Parc National de Lopé pour demander conseil au chargé d'éducation environnementale, qui s'occupe du seul écomusée du Gabon... loin d'être fini.
Voyage des Okoumés
29 janvier 2005
MISSION JOUR 11 : Oyem - Booué
Nous faisons un crochet par Ovan avant de poursuivre jusqu'à Booué. La région s'appelle maintenant l'Ogooué Ivindo. Nous n'irons pas jusqu'à Makokou, la capitale, hors de la zone des okoumés.
Booué est une jolie ville paisible au bord de l'Ogooué. La rivière est large à cette endroit, avec quelques petits rapides. C'est très joli. C'est aussi la ville de la seule grande gare du Transgabonais entre Franceville et Libreville. Nous dormirons à l'hôtel de "La Cascade" après avoir honteusement négocié les prix (mais ce n'est pas notre faute, c'est le patron qui voulait qu'on reste. Nous étions déjà prêts à partir vers les cases de passage). Nous achetons 10 L à un trafiquant d'essence (la famille, les voitures de sociétés avec l'essence payée, tout ça, ça permet de revendre de l'essence... il nous fera même un reçu !). Et nous mangeons une bonne braise près du marché.
30 janvier
MISSION JOUR 12 : Booué - Lastoursville
A Booué, pour traverser l'Ogooué, il faut un bac. Et quand c'est dimanche, et qu'en plus on est blanc, ben faut payer. Tant pis, nous avons quand même réussi à arracher du passeur une facture. Au CIRMF de s'arranger avec le ministère des Travaux Publics, maintenant.
La route est très belle, et très déserte. Nous croisons toute une horde de singes, des oiseaux à n'en plus finir. Vraiment chouette. A Kazamabika, changement complet de paysage, avec une superbe savane. Nous nous en mettons plein les yeux.
Puis nous arrivons sur la "grande piste économique". C'est la route qui relie Libreville à Franceville. En fait, une vaste blague, pas du tout entretenue. Le ministère des TP est bien sur le coup. On voit les machines, les gars sont payés pour bosser, mais il semblerait qu'il n'y ait pas d'essence. Pourtant, c'est bien maintenant pendant la saison sèche qu'il faut s'attaquer au curage des bourbiers ! Une chance que nous ayons été retardés dans notre mission. Si nous étions partis en décembre, pendant la saison des pluies, nous pouvions rester dans une dizaine de bourbiers. Là, pratiquement tout est à sec. Mais il reste quand même des passages délicats. Notre chauffeur est bon, la voiture aussi. Mais à quelques kilomètres de Lastoursville, un camion est embourbé au milieu de la route. Personne ne peut passer. 3 voitures bloquées. Nours nous retroussons les manches et nous creusons une nouvelle piste le long du bourbier. Finalement, nous sommes assez chanceux, ça se passe vite, et nous n'avons pas d'autre problème. Mais ça nous a quand même retardés de plus d'une heure. Arrivés à Lastoursville, nous devons nous arrêter. Il n'est plus temps de repartir pour Okondja.
Echantillonnage Céline
30 juillet 2005
Aujourd'hui nous traversons quelques villages puis la route pénètre dans la forêt des abeilles. Une jolie forêt très dense mais très faiblement humainement peuplée, donc pleine d'animaux ! On y voit d'ailleurs pleins de petits singes ! On parcourt toute la forêt sur la plateforme du pick-up, puisqu'on ramasse un joli transect d'Okoumés en route. Bien agréable, mais très salissant, la route est très poussiéreuse.
On profite des savanes de Kazamabika avec la jolie lumière du soir... trop beau ! Et on arrive juste à temps pour prendre le bac qui fait traverser l'Ogooué, dont le niveau a bien baissé depuis la dernière fois que je suis passée par ici (en mars). De l'autre côté Booué, une petite ville pas très jolie.
Repas dorade braisée et nuit à l'hôtel des Cascades.
1er août
Après quelques jours au Woleu Ntem, départ matinal (on espère voir des éléphants) et grosse journée de travail ! On n'a pas vu d'éléphants mais on a vu un gros groupe de mandrills ! Vers midi on a fini. On quitte Jean-Louis et sa famille et on prend la route de Makokou. Nouvel objectif : échantillonner un transect à la limite de la distribution de l'Okoumé. Un peu compliqué puisque nous ne savons qu'approximativement où elle se trouve. La nuit nous rattrape, on continuera demain !
Nuit dans la case de passage d'Ovan.
2 août
On revient vers le dernier arbre échantillonné la veille et on continue... et là c'est beaucoup plus long que prévu... la limite est 15 km plus loin que prévu : et ça fait beaucoup d'arbres en plus. La journée devait être tranquille et on devait arriver à Makokou en début d'après-midi... Mais on est arrivé avec la nuit. Première mission : trouver du carburant, il n'y en a plus à la station, il n'y en a plus chez un revendeur inofficiel, et la SEEG (Société d'eau et d'électricité du Gabon) ne veut pas nous en revendre. Heureusement au Gabon il y a une solution à tout. La station de recherche (IRET = Institut de Recherches en Ecologie Tropicale) où nous dormons peut nous en avancer !
Nuit à l'IRET.
3 août
Nous
laissons Olivier
à l'IRET et nous reprenons la route. Le route est belle et
les
villages Bakota très jolis.
Nous arrivons à Franceville vers 17H. Je suis
épuisée !
L'écomusée de la Lopé
20 octobre 2005
J'arrive à 4h du matin. Un peu de chance, je trouve une voiture pour m'emmener au centre de formation à côté duquel loge Eric. Je ne le réveille pas à cette heure... Je passe donc la fin de la nuit dans le centre de formation.
Eric me déçoit pas mal. Son écomusée n'est toujours pas fini, même pas vraiment entamé, alors qu'il est payé à temps plein pour ce boulot et que ses financements lui permettent de donner libre cours à son imagination. Moi, je ne suis toujours pas payé, je dois me battre pour décrocher un peu d'argent pour réaliser mes idées, et j'ai l'impression d'en être au même point que lui !
L'après midi, je trouve une voiture qui fait un aller retour vers la station CIRMF de la Lopé. Parce que oui, le CIRMF a un Station d'Etudes des Gorilles et des Chimpanzés dans le parc. Des installations superbes. Parfait pour faire rêver un ex futur bâtisseur de stations scientifique dans les plateaux batéké !
C'est d'ailleurs l'impression générale que laisse la Lopé : du fric apparemment illimité. Je suis certain que les équipes du parc trouvent encore que ce n'est pas suffisant, mais par rapport aux plateaux batéké, rien à voir ! Ils peuvent faire ce qu'ils veulent, à la Lopé ! Une dizaine de voitures, des missions qui partent en hélico, 2 bases bien construites, deux infrastructures touristiques au coeur du parc, des dizaines d'employés... Le rêve !
21 octobre
J'ai lié connaissance avec le jardinier burkinabè de l'écomusée. Nous partons ensemble ce matin pour trouver des plantes pour faire la haie derrière l'écomusée. Nous nous retrouvons du côté de Kazamabika. Un nom qui me rappelle notre tour du Gabon avec Céline. Des savanes splendides...
L'après midi, je trouve une voiture qui part vers Mikongo. C'est une des deux bases touristiques à l'intérieur du parc. Encore un superbe modèle de camp autosuffisant au milieu de la brousse. C'est impressionnant de voir quelque chose en vrai. Au cours de ma recherche de documentation, j'ai déjà observé de nombreux écolodges, en photo. Là, c'est devant moi, réel ! Passionnant.
Mais c'est déjà la fin de mon séjour. D'ailleurs, je ne vois pas trop ce que je ferais ici, si je restais plus longtemps... Ce soir, je prends le train, sous la pluie, direction la maison.