Le Parc National des Plateaux Batéké

Dans cette partie, vous trouverez une description du Parc National des Plateaux Batéké (PNPB). Les activités de Colin dans le parc se trouvent à la page Quotidien/Activités de Colin.

Situation du parc

Le Parc National des Plateaux Batéké (PNPB) est situé à l’extrême Sud-Est du Gabon, de part et d’autre de la vallée de la Haute Mpassa (les sources de la Mpassa se trouvent dans le Parc).

Le PNPB est un échantillon d’un plus vaste ensemble bio-géographique constitué de « dunes géantes » (plus ou moins aplaties ou creusées par des vallées) qui s’étend sur 6 millions d’hectares, du PNPB au Gabon à travers la République du Congo jusqu’à Kinshasa en République Démocratique du Congo.

Paysage et milieu naturel

Les Plateaux Batéké sont géologiquement très homogènes : ils sont constitués de grés recouverts de sable – les mêmes que ceux trouvés dans le désert du Kalahari. Ces dunes peuvent culminer dans le Parc autour de 870 m.
Le Parc National est recouvert, plus ou moins d’Ouest en Est, de forêts denses de plusieurs types (extrémité Sud-Est du bloc forestier gabonais), puis de savanes arbustives et enfin de savanes herbacées : ces savanes constituent au moins 2/3 de la surface du Parc et elles sont entrecoupées de forêts-galeries.
Une autre particularité des Plateaux Batéké est la présence de cirques d’érosion (improprement et fréquemment appelés « canyons »).

Le canyon du parc

Enfin, il faut souligner l’existence dans l’Est du Parc d’une clairière forestière naturelle (appelée Baï en pygmée), qui concentre les grands mammifères de forêt et qui constitue donc un important site d’observation de cette faune.

Flore et particularités

Après quatre missions faites par quatre botanistes (de 2001 à octobre 2004), plus de 800 échantillons ont été récoltés : plus de 300 espèces sont déjà identifiées et 500 devraient l’être en fin de processus.
Une nouvelle espèce de plante a été découverte dans le zone tampon du Parc : elle a été baptisée Memecylon batekeanum. Une deuxième nouvelle espèce pour la science est en train d’être décrite.

Faune et particularités

Le Parc National des Plateaux Batéké est remarquable parce qu’il abrite à la fois une faune de savane et une faune de forêt : c’est vrai pour les mammifères comme pour les oiseaux.

Concernant les mammifères, c’est dans les savanes qu’on trouve quelques espèces rares au Gabon, notamment le Céphalophe de Grimm (Sylvicapra grimmia), célèbre au Gabon sous le nom de Ntsa (sa viande est très prisée), le Chacal à flancs rayés (Canis adustus), la Mangouste ichneumon (Herpestes ichneumon) et l’oryctérope (Orycteropus afer). Le Serval (Felis serval) est connu des Batéké et aurait occupé l’Est du PNPB et le lion (Panthera leo) a longtemps vécu dans les Plateaux Batéké mais semblait avoir disparu depuis 1994, jusqu’à ce que des empreintes (malheureusement non photographiées) aient été observées en octobre 2004 dans l’Ouest du PNPB. Dans la partie forestière du Parc (Ouest) et dans plusieurs forêts galeries, on retrouve les mammifères plus habituels au Gabon : éléphants (Loxodonta cyclotis), buffles (Syncerus caffer nanus), potamochères (Potamochaerus porcus), 6 espèces de primates dont les deux anthropoïdes et le Cercopithèque de Brazza (Cercopithecus negletus), 2 espèces de prosimiens, 7 espèces de céphalophes (autres que le Ntsa) et 3 autres espèces « d’antilopes », 3 espèces de Pangolins et enfin, 12 espèces de petits et grands carnivores.

 Un autre aspect particulièrement intéressant de la région de la Haute-Mpassa est la proximité immédiate de l'avifaune forestière et de I'avifaune particulière des plateaux. Il existe probablement très peu d'endroits en Afrique centrale où, sans bouger de place, on puisse observer, par exemple, le martin-chasseur à tête rousse (typiquement forestier) et le martin-chasseur strié (de savane), le crombec à gorge tachetée (forêt) et le crombec à calotte rousse (de savane). Il convient ici de mentionner qu’il a été trouvé, d’abord près de Léconi, puis sur presque l’ensemble des plateaux, une cisticole dont le chant très caractéristique indique qu’il s’agit d’une espèce d’oiseau non encore décrite scientifiquement : cette espèce a été enregistrée sous le nom de Cisticole téké.

Menaces

Le braconnage est la principale menace directe pesant sur le PNPB. Les braconniers identifiés, directement ou indirectement (indices de présence, munitions, campements, etc.) depuis 2000 sont souvent congolais.
Les chasseurs gabonais sont numériquement moins nombreux mais leur pouvoir de nuisance est potentiellement important : en effet, ces braconniers chassent depuis des véhicules 4x4 (souvent la nuit, à l’aide de projecteurs) et ils peuvent donc, en peu de temps, abattre et transporter de grandes quantités de gibiers.
Cette chasse concerne soit la zone tampon Nord-Est du Parc (au-dessus de la rivière Léwou), soit la zone Nord-Est à l’intérieur du Parc, accessible par une piste principale arrivant de Léconi ou de Akou et longeant la frontière, près des sources de la Léwou.
On a également constaté du braconnage, notamment d’éléphants, dans la zone tampon forestière Nord-Ouest du Parc, le long de la vallée de la Mpassa, bien connue dans le Haut Ogooué pour sa densité en éléphants.
Il s’agit minoritairement de chasse de « loisir » (citadins utilisant leurs propres véhicules ou leurs véhicules de fonction durant le week-end et engageant un guide villageois au passage), majoritairement d’une chasse commerciale (pour des revendeurs en ville) ou d’une chasse de « commande » (un notable finance une équipe de chasseurs pour approvisionner sa table pour une occasion plus ou moins importante).

Les sites du parc

Depuis que nous sommes arrivés au Gabon, Colin a eu l'occasion de travailler dans plusieurs zones du parc. Il a passé l'essentiel de son temps dans le camp Ntsa. C'est le camp qui doit devenir le camp de base du parc. Il est divisé en 2 quartiers : le quartier des chefs (avec une case et la réserve de vivres) et le quartier des travailleurs (avec une case fabriquée par des villageois, très jolie, mais trop petite, la maison que Colin a faite et un coin cuisine : feu de camp sous bâche). Chaque camp a deux trous à proximité pour les toilettes et la poubelle.

Le camp Ntsa

Le PPG est la base du Projet de Protection des Gorilles, projet de réintroduction de gorilles orphelins qui existait bien avant la création du parc (depuis 98). On y trouve 5 maisons, un bureau cuisine, une cuisine des travailleurs, un économat, un dépôt d'essence, trois tentes grand modèle, un garage pour les quads, un ponton pour les 3 bateaux, un ponton pour le jetski, une installation solaire, deux groupes électrogènes... autant dire qu'ils sont mieux équipés que le parc.

Une troisième base est en création dans le parc : le camp Mbié (Mbié = canyon en téké), qui est sensé devenir, grâce à sa position centrale dans le parc, le camp des écogardes. A partir du camp Mbié, ils pourront intervenir partout dans le parc. Mais ce n'est encore qu'un projet. Pour l'instant, la première étape consisterait à construire une plate forme comme celle qui a été faite dans le camp Ntsa.

Le camp Mbié

Les gens du parc








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Les choses ont beaucoup évolué depuis juin 2005, date à laquelle la coopération américaine, principal bailleur de fonds des parcs nationaux du Gabon a décidé de réduire sa participation financière dans ce projet. Jérôme et Colin ont dû arrêter leur travail. Nico ne sait toujours pas quand son contrat s'arrêtera, son équipe a été réduite à un pisteur et un ou deux porteurs. Les employés ont eu une baisse de salaire et Zeitoune a du suivre son mari, muté dans le Woleu Ntem (une autre province).

Liz : chef et fondatrice du projet. Américaine, passe son temps retranchée dans son PPG.

Sandrine : administratrice du PPG Gabon. Véto française, elle passait son temps dans le PPG comme Liz. Elles ont fini par se fâcher, et Sandrine a quitté le PPG en août 05.

Martin : responsable québécois de la logistique du PPG. L'équivalent de Colin pour le PPG. Du coup, le but du jeu, c'est de ne pas entrer en concurrence, sinon, ça chauffe !

Les travailleurs : gabonais chargés de nourrir les plus jeunes gorilles et de surveiller quotidiennement leur état de santé.

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