Les journées spéciales


Les plus belles, les plus tristes...


Mars 2006

25 mars

Aujourd'hui, nous avons pris rendez-vous pour une journée un peu spéciale. Nous nous levons vers 8 h, et nous partons, après un bon petit déj, avec Olivier vers Moanda. Une heure de route, et nous arrivons au fin fond du site de la Comilog. A l'aérodrome.

10h, avec le petit avion de l'aéroclub de Moanda, nous décollons ! L'avion est piloté par un pilote à l'aspect un peu froid et austère, mais bien aimable. C'est le pilote officiel de la Comilog, en fait, celui qui avait déjà emmené Céline vers Libreville en décembre, avec le vrai avion de la Comilog.

Suivent alors 2h30 de vrai plaisir : survol des hectares de plantations de canne à sucre de la SUCAF, des chûtes de Poubara avec le fameux pont suspendu. Nous nous dirigeons alors vers le sud, traversons un petit bout de Congo avant de rejoindre la Mpassa, où nous cherchons des éléphants, depuis l'avion ! Mais Olivier est maudit par les éléphants de Kessala. Il est écrit quelque part qu'il n'en verra jamais à cet endroit, et donc nous ne voyons rien. Nous arrivons alors au nord du parc national, au niveau du camp Ntsa dont nous voyons les constructions et la maison de Colin ! Nous visons plein est. Les savanes succèdent aux forêts et nous passons à côté du Mont Kalami. Nous poursuivons vers le canyon blanc, que nous survolons dans son intégralité : immense ! On ne s'en rend pas compte d'en bas ! Avec des lumières terribles qui jouent sur le blanc du sable et l'ombre. A côté, le canyon rose de Léconi est bien moins joli mais il reste magnifique. Un peu plus au nord ? Nous arrivons au parc de Léconi où nous faisons un safari par avion. Dès que nous survolons un troupeau d'oryx, le pilote baisse le régime du moteur et descend à 50 m du sol pour que nous puissions bien voir. Impressionnant. Nous voyons des oryx, des springboks et même un grand Koudou, preuve qu'il en existe au moins un dans ce parc (depuis le temps qu'on entend la liste des bestiaux supposés vivre là sans qu'on les voie...). Nous rentrons en ligne droite. Ca nous fait passer par le grand lac de Kaballa, puis par Akiéni. Là, nous voyons la petite plantation de 3 jeunes français, que nous avons déjà rencontrés chez Guillaume et Célia (eux, ce sont nos voisins). Ces trois jeunes sont en mission spéciale... pour sortir le prermier vin du Gabon ! Ils ont des vignes ! Nous survolons tout le bassin du haut Ogooué, avec sa splendide mosaïque de savanes - forêts. Nous sommes à Moanda. Jolie ballade ! En voiture, il nous aurait fallu 2 - 3 jours !!

Ca nous a bien creusé l'appétit, et nous mangeons au resto "le Mimosa", un bon resto que nous avions découvert avec Antoine et Carine, avant de rentrer sur Franceville. Un samedi que nous ne sommes pas prêts d'oublier !


Octobre 2005

8 octobre

Juju n'allait vraiment pas très bien depuis une semaine et ce matin encore moins bien que d'habitude... Il fallait décider... Olivier a appelé Bettina, la maîtresse du chien et nous avons euthanasié notre compagne à poils blancs. Quelques larmes....

7 octobre

Visite de la ministre française délégué à la coopération, Brigitte Girardin, au CIRMF. Elle nous a dit qu'on travaillait bien!


Septembre 2005

10 septembre

Pensée spéciale pour Olivier, notre docteur préféré, qui se marie aujourd'hui avec Gaëlle, dont nous vous avons déjà parlé. Ils sont tous les deux en France, et nous espérons qu'ils ont eu un super mariage. Olivier revient le mois prochain, Gaëlle le rejoindra avec leur futur bébé en janvier ou février !


Août 2005

17 août

Aujourd'hui, fête nationale du Gabon ! Ici, ca se fête, et en grandes pompes. Dès 10h, au centre ville (c'est-à-dire le centre administratif de la ville), grand défilé de toutes les corporations de métiers de Franceville. Tous les personnages officiels sont dans les grandes tribunes, et des centaines de personne marchent, tous habillés spécialement pour l'occasion. C'est assez impressionnant au début, mais ça devient vite pénible. Nous avons attendu de voir passer les gens du CIRMF, puis nous nous sommes discrètement éclipsés.

Il est déjà midi. Allons présenter Danielle aux parents. Direction la 5ème Dimension, où nous sommes évidemment bien reçus. Bon repas c'était inutile de le préciser.

Cet après midi, Céline organise une visite des enclos extérieurs du CDP, puis des laboratoires du CIRMF. Pendant ce temps, Colin part chercher Guillaume, le nouveau véto du CDP, et sa copine Célia. Olivier voulait s'en charger, mais là, ça ira, il a assez fait pour nous pour que nous lui rendions la pareille !

15 août

C'est là que Céline décide de refaire une maladie psychologique et qu'elle se découvre... un palu ! Normalement, ça n'a rien de très psychologique, ça ! Et puis, ça devrait même la clouer au lit beaucoup plus que ça ! Ca la fatigue quand même bien, avec pas mal de courbatures. La fièvre commence, mais le traitement a été pris tout de suite, le palu n'aura pas le temps de devenir grave.

Nous la laissons se reposer un peu, le temps de faire le tour de la ville en voiture. La promenade dure un tout petit peu plus longtemps que prévu quand nous rencontrons Abraham, un écogarde du parc, qui insiste pour que nous allions prendre un verre chez Maman Jeanne. On commence donc les présentations avec tout le monde. Mais nous ne nous éternisons pas : Céline est à la maison.

Le soir, repas soupe de pois cassés auquel nous convions Olivier, qui insistait depuis un bon moment pour y goûter.


Juin 2005

19 juin

Carine et Antoine, les instits de Bakoumba prennent l'avion aujourd'hui. Je les retrouve pour manger avec eux à l'aéroport. Ils vont passer quelques mois en Europe (Belgique et Luxembourg pour ceux qui ne suivent pas!) et reviendront le 10 septembre au Gabon. Nous on sera très heureux de les retrouver!

Ensuite je file parce que aujourd'hui avec Adjo et ses 3 filles, Sylvie et Michel on a décidé de se faire une jolie sortie sur les rivières. Départ un peu tardif.....Rendez-vous chez un gonfleur- réparateur de pneu (une des professions bien pratiques d'ici) pour gonfler autant de chambres à air que de personnes de l'expédition. On s'entasse tous dans la voiture de Sylvie qui nous emmène à l'entrée d'un petit layon qui va jusqu'aux chutes de la Djoumou. Juste un peu plus loin chacun embarque sur son  navire et on se laisse dériver ! Trop bien ! Après une heure de descente on rejoint l'Mpassa qui nous emmènera jusqu'à Franceville. On a été très heureux de trouver l'Mpassa, parce que l'air de rien à force de tremper sans trop bouger on commençait déjà à avoir froid et l'Mpassa est bien plus chaude que la Djoumou. Après une petite pause

18 juin

Ce matin j'ai été à la kermesse de l'école de Fatou et Greta (les petites filles d'Albertine). Elles ont très bien réussi leur année scolaire. Fatou est première de sa classe (moyenne section de maternelle) et Greta passe en CM1 (sans année de retard). Donc elles méritent une très belle fête!
Elles étaient à l'école catholique des coeurs de Marie qui est une grande école (3 classes de chaque niveau de la maternelle au CM2). Donc il y avait énormément d'enfants à la kermesse mais très peu de parents. Chaque classe a présenté une danse et un chant et il y avait quelques stands de pèche, de jeu de massacre et autres jeux dans la cours. En tout cas beaucoup d'animations!

J'ai quitté la fête vers 13heures, parce que j'étais attendue pour le déjeuner chez Dyana, la fille avec laquelle je travaille et avec qui j'étais à Oyan. Elle avait fait de la bonne cuisine gabonaise et sénégalaise (elle est sénégalo-gabonaise!). Hummm...


Mai 2005

5 mai

Aujourd'hui c'est férié et je sors un peu du labo qui m'occupe de longues journées en ce moment. Le consul honoraire français est de passage à Franceville aujourd'hui pour s'occuper de nos procurations de vote. Nous le retrouvons au Poubara (le plus bel hôtel de Franceville) où j'en profite pour nager un peu dans la jolie piscine... Ca fait du bien !
L'après-midi je vais chez Maman Albertine discuter un peu, prendre les nouvelles, voir dans quel état est Maman Céline et faire un peu la leçon aux petites pour qu'elles travaillent mieux à l'école. Le bulletin de Greta n'est pas bon et Albertine m'a demandé de lui parler de l'intérêt de s'appliquer à l'école. La tension de Maman Céline est un peu redescendue, et elle a un peu grossi, mais comme elle retourne tous les jours à la plantation je pense que ça ne va pas durer ! Ca me fait un peu mal au coeur, mais bon elle a grandi dans les plantations à nourrir sa famille, elle y mourra un jour, je crois que c'est sa vie ! Maman Jeanne est revenue de Libreville aussi où elle était rendre visite à ses fils (depuis février environ). Elle est radieuse, elle a pris un peu de poids elle aussi et avait vraiment bonne mine ! Je l'ai retrouvée à sa buvette à Wendjé (un quartier de Franceville) où nous avons discuté tout longtemps. Maman Jeanne est trop gentille, attentionnée et toute douce. Je lui ai offert le tissu que j'avais ramené de France pour elle (on l'a choisi avec ma vraie maman !!!) et elle était toute contente. Mais elle avait un encore plus beau cadeau pour moi. Elle a fini de me tisser mon panier de plantation, il est trop beau !

4 mai

Journée bien chiante, on nous a averti hier soir qu'une entreprise venait désinsectiser les maisons en matinée. Il faut sortir toute la nourriture, la vaisselle, les animaux etc. Forcément le jour où mon programme de labo est déjà bien chargé et que je ne peux plus le modifier... Forcément aussi la semaine où mes deux voisines (Jean, ma chef, et Mireille qui fait une thèse sur les éléphants) sont absentes, il faut s'occuper de leurs maisons et de leurs animaux également ! Bon c'est parti avec l'aide de Sosthène et Joana on s'occupe de nos 4 logements, du chien et des 2 chats de Jean. Sauf qu'on a frisé le gros incident : 1 des chats de Jean nous a échappé et est allé se rouler dans les produits super toxiques et forcément on n'arrive plus l'attraper. 2 jours de panique vont suivre, on l'imaginait agonisant, mort dans un coin et pas moyen de le retrouver. On a eu mal au coeur pour le chat évidemment mais aussi pour nous : Jean adore ses chats, et Jean c'est notre chef à toutes les deux, je crois qu'elle aurait pas aimé du tout qu'on lui annonce la mort des insectes mais aussi de son chat !!! Mais ouf ! Ce con de chat est réapparu 2 jours plus tard en pleine forme. Et Jean de retour le 7 mai n'a pu que nous remercier de nous être bien occupées de son logement !


Avril 2005

22 avril

Fin de l'épisode Rosette. Souvenez-vous, quand Bettina est rentrée en France, le 20 février, elle nous avait laissé avec sa chienne et sa ménagère Rosette. Nous devions faire travailler Rosette chez nous deux fois par semaine et chez Bettina (dans son duplex inoccupé pendant son absence) une fois par semaine, tout ça jusqu'à son retour en avril. Mais voilà, Bettina nous a appris que finalement, elle ne rentrait plus au Gabon avant janvier 2006 ! Nous gardons donc le chien et la ménagère. Malheureusement, la situation avec Rosette a commencé à déraper. Elle trouvait qu'elle avait plus de travail avec deux appartements, même si le nombre d'heures n'avait pas bougé (et même plutôt baissé qu'autre chose...). Elle réclamait donc un double salaire ! Nous lui avons expliqué que nous ne pouvions pas nous le permettre, surtout qu'elle était déjà plutôt bien payée. Elle a donc arrêté de travailler. Passage éclair 3 fois par semaine pour un coup de serpillière et retour chez elle. Son boulot ne nous convenait plus, Rosette ne dialogue pas, nous n'avions même plus confiance en lui laissant notre appart. Nous lui avons donc demandé de ne plus passer que chez Bettina, toujours 3 fois par semaine. Mais Bettina ne peut pas se payer ce luxe alors qu'elle est en France. Aujourd'hui, nous avons donc congédié Rosette.


Février 2005

21 février

Ce matin, visite officielle du roi du Maroc et du président Gabonais. Mohamed 6 et El Hadji Omar Bongo. CA fait plein plein de voitures officielles, toutes les rues de Franceville bloquées à la circulation, des drapeaux partout, une allée d'honneur de plus de 100 mètres au CIRMF. Tout ça pour une heure passée au CIRMF. En fait, les deux compères devaient assister à des manœuvres militaires pas très loin de Franceville. Comme ça, on a vu l'homme important du pays.

20 février

Aujourd'hui, Bettina rentre en France. Elle nous laisse sa ménagère (elle veut la garder, mais elle n'aura pas assez de travail si elle ne s'occupe que d'un appartement vide) et surtout Juliette, son gros chien blanc. Nous avons accepté de l'héberger pendant quelques mois. Il faut dire qu'elle se fait vieille, et que dans tous les cas, un voyage de chien en avion, c'est pas évident.

17 février

Bonne nouvelle, dès demain, le travail reprend, de manière temporaire. Le roi du Maroc prévoit une visite lundi prochain. La situation se débloque donc, comme par magie !

15 février

Grève au CIRMF. Nous deux, nous avons encore du mal à saisir toutes les subtilités de ce genre de mouvement social. On dirait un peu une opposition blancs/noirs ou Français/Gabonais. Chaque "camp" à sa position assez radicale et trouve la position de l'autre complètement insensée et inacceptable. Chacun arrive à se justifier et à trouver que l'autre abuse réellement. Bientôt commencent aussi les campagnes présidentielles. Les enjeux de la grève sont complexes pour de nouveaux arrivés comme nous. Nous ne nous prononcerons pas. Il nous faudra sûrement un peu de recul avant de pouvoir nous lancer dans de telles discussions.

Ce qui est certain, c'est que pendant que dure la grève, la barrière à l'entrée est fermée. Il nous est donc impossible de sortir de l'enceinte du centre. Une petite prise d'otage, quoi ! Mais rien de bien méchant, dès la fin officielle du travail, 15h30, les gens qui étaient coincés (sous-entendu, les blancs)recommencent à vivre normalement : ils vont au travail pour rattraper le temps perdu, il peuvent sortir faire leurs courses en ville, etc.

Le matin, chacun est très occupé. La grève a été prévue sans service minimal. Il parait que c'est hors-la-loi, mais du coup, les animaliers ne peuvent pas rentrer pour venir s'occuper des singes du CDP. Les chercheurs (Céline par exemple) et autres (Colin par exemple) se mobilisent donc pour nettoyer les cages, nourrir, réceptionner les bananes, cuire des gâteaux, etc. pour les 400 singes et quelques hébergés dans le centre. C'est bien physique de remplacer les 12 animaliers par des gens absolument pas formés à cette tâche.


Décembre 2004

31 décembre

Journée bien remplie, en ce qui me concerne (Colin). 

Cet après midi, j'ai fait des missions nouvel an. D'abord Sosthène. Il a décidé d'ouvrir un bar pour Nouvel An. Il s'y est pris il y a dix jours et bien sûr, c'est l'arrache. Il s'est installé dans la pépinière de son entreprise d'espaces verts, donc forcément, le cadre est superbe, au bord de la rivière, en plus. Mais il attendait de rentrer de l'argent qu'"on" lui devait. Le temps que ça arrive, il était déjà bien tard. Du coup, il a fait comme il a pu, mais il a bien du accepter la proposition d'Olivier qui lui a conseillé de reporter la grande ouverture de son bar et de se contenter de faire un nouvel an avec la famille et les amis. Il lui fallait tout de même régler des choses de dernière minute pour lesquelles je lui ai prêté main forte.

Puis, je suis passé chez maman Jeanne. Nous savions qu'elle aurait du mal à acheter les caisses de bière qui lui permettraient de faire un bon bénéfice pour nouvel an (période de forte consommation). Je lui ai donc prêté deux caisses en lui disant qu'un ami me les prêtait pour quelques temps (on n'a pas le droit d'échanger de l'argent entre nous, alors je n'ai pas trouvé d'autre solution).

26 décembre

On n'a toujours pas fini la tournée des Joyeux Noël !  Donc aujourd'hui nous sommes passés chez Aristide et Clémentine, mais Aristide n'a pas pu revenir de Libreville pour les fêtes. Nous sommes passés chez la maman de Marco  (maman Simone : une femme qui a vraiment la pêche) chez qui nous pensions retrouver Patricia et Hugo, mais eux aussi sont restés sur Libreville. Et chez François et Ghislaine il n'y avait personne !

Et le soir nous avons été invités à regarder la télé chez Olivier (soirée très originale pour nous qui n'avons pas regardé de télé depuis quelques mois).

25 décembre

Normalement aujourd'hui on aurait du aller manger des gambas au barbecue chez Sandrine et Gilles, mais Jules est encore malade... on annule ! Et on improvise un déjeuner à la maison. Seul Olivier se sent d'attaque. Donc repas à trois. Menu : salade au fromage, confit de canard avec pommes de terre et tomates provençales et Bûche à l'ananas !
Puis on part souhaiter un Joyeux Noël à la famille d'Albertine (qui évidemment nous a donné plein de trucs à manger à emporter). On passe aussi à la buvette de Jeanne, ça nous a vraiment fait plaisir de la retrouver.

18 décembre

Ce matin, nous nous retrouvons au Cédoc, de bonne heure. Un samedi matin ! Le Cédoc, c'est l'administration qui délivre les cartes de séjour. Ils sont basés à Libreville et passent de temps en temps en province. Sauf que là, ça fait depuis Mars 2004 qu'ils ne sont pas passés à Franceville. La file d'attente est donc plutôt longue, devant la porte. Nous devons faire cette démarche avec le CIRMF, pour essayer de ne pas attendre des heures, et pour que Céline, en tant que volontaire internationale, n'ait pas à payer les droits de séjour. Mais le Cédoc n'accorde pas de rendez-vous. Tout le monde dans la même galère ! Depuis vendredi dernier, le directeur des  ressources humaines du CIRMF s'occupe de cette affaire, avec plus ou moins de succès et plus ou moins d'empressement. C'est ce qui nous a fait repousser une mission d'échantillonnage dont Céline avait besoin pour avancer dans son boulot. Le Cédoc est arrivé mardi, et ce matin, enfin, nous pouvons passer, accompagnés du directeur dont je parlais, pour finaliser les démarches. Là, il semblerait que ce soit bon. On attend juste la fin, mais si c'est passé là, ça devrait aller jusqu'au bout. 

17 décembre

Aujourd'hui nous avons appris une bien mauvaise nouvelle. Romain (le responsable du Parc National des Plateaux Batékés) est revenu de Kessala* où il était parti à la chasse aux braconniers... Une mission de surveillance était organisée cette semaine sur le site de Kessala et des traces de chasseurs ont été trouvées. Les traces semblaient suspectes et Romain a demandé aux écogardes du parc de rester sur place. Dans la nuit ils ont été réveillés par des bruits de moteur et ont réussi à stopper le véhicule et désarmer les braconniers (joli exploit vu qu'ils ne sont pas armés eux-mêmes). Dans le véhicule il y avait 5 défenses, au moins 3 éléphants ont été abattus. Après quelques heures de marche en forêt ils retrouvent bien les 3 victimes. Vous, fidèles de notre site, en connaissez 2 d'entre elles, puisqu'il s'agit des deux éléphants que Colin vous a présentés lors de son retour de Kessala*. Ils ont été abattus mercredi 14 décembre... Tristesse, colère... D'autant plus que les braconniers ne seront pas plus embêtés. On ne sait pas pour qui ils travaillent et personne ne veut prendre le risque de froisser un haut dignitaire du pays.

6 décembre

Aujourd'hui, c'est la Saint Nicolas. Chantons tous en choeur ! 

On a invité du monde pour manger nos spritz, et on a passé une bonne fin d'après midi avec Vanessa, Aurélie (une stagiaire du CDP), Romain (le chef du Parc National des Plateaux Batékés) et sa fillette Manon, Trich (chercheuse véto américaine en parasito sur les singes) et sa fillette Eva.

5 décembre

Suite des pâtisseries. Aujourd'hui, spritz à la coco, spritz à la banane (suite à une suggestion sur ce site, comme quoi il sert à quelque chose), sablés de Noël, pain d'épice.

Pour la pain d'épice, évidemment, il faut du miel. Et qui récolte le miel au Gabon ? Les pygmées, bien sûr ! On monte dans la voiture et on prend la route de l'aéroport. Le deuxième village en sortant de Franceville est habité par des pygmées (on ne sait pas trop qui sont ces gens, mais quand on saura, on leur fera une page dans "A savoir"). Un peu de marchandage et nous avons deux canettes de bière en verre remplies de miel. Bon, on a quand même fait 30 bornes pour ce miel... Mais il est super bon, très épicé. Parfait, parce que du "4 épices", ca ne se trouve pas à Franceville.

Et nous avons pétri, cuit, découpé, enduit de chocolat le reste de la journée. Là, on a 5 grosses boites de biscuits. Nous sommes parés pour demain, la Saint Nicolas !

3 décembre

Aujourd'hui, ce sera spritz aux amandes et aux noisettes. Ca parait tout con comme ça, mais au Gabon, on ne trouve pas d'embout pour les hachoirs à viande, et les ingrédients de pâtisserie sont quasi inexistants. Pour cette après midi de cuisine, il nous a donc fallu au préalable : acheter un hachoir à viande (pas trop trop cher si possible), bricoler un embout avec un soudeur du centre ville, passer la ville au peigne fin pour trouver des épices et des noix, nous apercevoir que ce ne serait pas facile, acheter les restes d'épices chez tous les libanais du centre ville, acheter des noisettes et amandes grillées et salées (spécial apéro) pour les laver et les piller, acheter des noix de cocos (à ouvrir à la machette, vider, râper et piler) avant de pouvoir nous mettre devant notre plan de travail comme de bons petits Lorrains qui préparent Noël.

Mais cela en valait la peine ! Et bientôt, nous avons pu sortir nos premiers spritz gabonais du four !


Novembre 2004

24 novembre

Bibiche, c'est la ménagère des voisines. Une Zairoise venue travailler au Gabon et qui se faisait complètement exploiter par une Gabonaise. Bettina et Vanessa l'ont prise sous leur aile. Elle a commencé à révéler tous ses talents : ménagère, mais aussi couturière, cuisinière...et amie... Elle a commencé à réunir de l'argent, à pouvoir acheter du matériel (congélateur pour vendre à manger, machine à coudre). Et c'est là qu'est arrivée la maladie, implacable. Hépatite B qui a entraîné un cancer du foie. Le foie complètement ravagé. Une collecte a été faite au CIRMF pour la sauver, mais les médecins ne peuvent déjà plus rien pour elle. Seule une greffe pourrait encore permettre d'espérer un peu. Mais en Afrique, il ne faut pas rêver. Bibiche est donc chez elle, à Kinshasa, entourée de sa famille, pour encore quelques temps. Elle n'a que 26ans.

De note côté, nous ne pouvons plus grand chose pour elle. Mais on peut encore lui montrer qu'on pense à elle. D'où l'idée de Céline d'une messe pour Bibiche. Comme nous ne sommes pas de grands croyants, nous avons préféré communier autour d'un couscous en l'honneur de Bibiche...